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Économie française : ce que disent les chiffres, et où en est le budget

Vous avez sans doute vu passer les titres de ces dernières semaines : « récession », « crise de la dette », « économie à l'arrêt ». Plutôt que d'ajouter du commentaire, nous avons préféré vous transmettre les chiffres eux-mêmes, et ce qu'ils disent réellement.

Ce que disent les chiffres

Les données publiées par l'INSEE le 30 octobre dressent le tableau suivant :

  • Croissance. Le PIB a reculé de 0,1 % au troisième trimestre, après une stagnation au deuxième (0,0 %) et un recul de 0,2 % au premier. Soit neuf mois sans croissance, alors que la zone euro progresse de 0,4 % sur le trimestre et l'Allemagne de 0,2 %.

  • Inflation. L'inflation est remontée à 3,4 % sur un an en octobre, contre 3,1 % en septembre, tirée par l'énergie (+24,1 % sur un an).

  • Ménages. La confiance des ménages s'est nettement dégradée en octobre, selon l'enquête publiée le 27 octobre.

  • Taux. Le rendement de l'emprunt d'État français à dix ans a culminé à 5,14 % le 22 octobre, son plus haut niveau depuis 2002. Il s'établissait à 4,94 % le 3 novembre. L'écart de taux avec l'Allemagne reste élevé, autour de 160 points de base.

Récession ou pas ?

Au sens technique, une récession suppose deux trimestres consécutifs de recul du PIB. Ce n'est pas le cas aujourd'hui, le deuxième trimestre ayant été stable. Et dans leurs scénarios centraux, ni la Banque de France ni l'INSEE n'anticipent de récession : la Banque de France retient un rebond à 0,9 % en 2027, son gouverneur qualifiant la situation de :

décevante, mais pas catastrophique

Cela ne signifie pas que tout va bien. La croissance est nulle, le pouvoir d'achat est sous pression et l'inflation énergétique pèse lourdement sur les budgets. Mais la configuration actuelle n'est pas celle d'une crise de type 2008, et la distinction nous semble importante à poser.

La dette et les taux

Sur la dette, un taux à 5 % ne se répercute pas immédiatement sur les finances publiques. La dette française a une durée de vie moyenne supérieure à huit ans, et le taux moyen des emprunts émis en 2026 s'établit à 3,64 % au 31 octobre. La hausse se diffuse donc progressivement, au fil des refinancements, et non d'un seul coup. À noter également : Moody's a maintenu la note de la France le 23 octobre, avec une perspective négative.

Où en est le budget

Niveau budget, le calendrier parlementaire s'est nettement tendu, et trois éléments méritent d'être connus :

  • Sécurité sociale. Le budget de la Sécurité sociale pour 2027 a été rejeté en première lecture le 23 octobre, par 115 voix contre 1. Le rejet de la partie recettes vaut rejet de l'ensemble du texte, transmis au Sénat dans sa version initiale. Les sénateurs l'examinent du 12 au 17 novembre, avec un vote prévu le 18.

  • Budget de l'État. Le vote sur la partie recettes, initialement prévu le 3 novembre, a été reporté : plusieurs centaines d'amendements restaient à examiner. L'Assemblée poursuit ses débats jusqu'à la fin de la semaine, et dispose jusqu'au 17 novembre à minuit pour se prononcer en première lecture.

  • Point essentiel : les députés ont adopté ces derniers jours plusieurs amendements fiscaux, notamment un renforcement de l'exit tax et de nouvelles taxes sur les rachats d'actions et certains dividendes. Mais si la partie recettes est finalement rejetée, le texte partira au Sénat dans sa version initiale, sans ces amendements. Autrement dit, une mesure votée en séance n'est pas une mesure acquise.

Ce que nous en retenons

C'est précisément pour cette raison que nous nous gardons de commenter chaque vote au fil de l'eau : l'actualité budgétaire produit en ce moment beaucoup d'annonces dont la plupart ne survivront pas à la navette parlementaire. À ce jour, la fiscalité de l'assurance-vie, du PER et du PEA n'est pas modifiée.

Nous suivons les deux textes étape par étape, et nous reviendrons vers vous au fur et à mesure que des mesures seront réellement adoptées, en vous indiquant à chaque fois ce qui est définitif et ce qui reste susceptible d'évoluer.

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